Sr Jeanne Elisabeth est née le 18 avril 1922 à Colombes, près de Paris, et y sera baptisée le 20 sous le nom d’Anne Marie. C’est là qu’elle passera toute son enfance et sa jeunesse. Sr Jeanne Elisabeth aura toute sa vie une profonde affection pour sa famille, en particulier pour Alice, son aînée de deux ans, avec qui elle aura un lien profond toute sa vie, sans oublier la famille de ses deux autres frères.
Début 1943, en pleine guerre, Anne-Marie annonce à ses parents sa décision d’être religieuse Trinitaire et part à Valence. Elle y prendra l’habit le 11 août 1944, quatre jours avant le bombardement de la Maison Mère. Elle y prononcera ses premiers vœux en 1945 et ses vœux définitifs en 1950. Elle commença sa vie religieuse à Paris, à La Bruyère, comme professeur d’Histoire-Géographie. Elle connaissait bien la maison en tant qu’ancienne élève et enseignante laïque. Là, tout en accomplissant sa mission d’enseignante, elle poursuivit ses études pour obtenir sa Licence dans un milieu très anti-clérical.
En 1953, elle est nommée directrice à Champfleury, tout en continuant à enseigner. Elle n’avait pas son pareil pour organiser des grands jeux pour mieux faire comprendre l’histoire qu’elle enseignait. Puis elle devint aussi Supérieure de la communauté avant d’être nommée Conseillère Générale la dernière année à Avignon. C’est en tant que conseillère qu’elle s’investira beaucoup pour faire vivre à la Congrégation l’aggionamento et ses deux sessions du Chapitre Général. Nommée Supérieure Générale en 1970, elle garda sa grande simplicité, son entrain et sa belle intelligence mise au service de tous.
Comme Supérieure Générale, elle oeuvra beaucoup pour faire entrer la Congrégation dans la dynamique de l’aggionamento et aider ses sœurs à accepter les mutations qui s’avéraient indispensables. Ainsi, elle favorisa la promotion féminine dans les missions.
En Europe, elle développa les communautés polyvalentes, les soins à domicile, le social et la pastorale plus en proximité avec la vie des gens, ainsi que les partenariats notamment avec les Spiritains et les Frères des Ecoles Chrétiennes.
Elle ouvrira une maison en Espagne et en Irlande, se préoccupa des sœurs aînées notamment par la construction de Lou Seren.
De 1982 à 1985, elle fut maîtresse de formation d’abord à Crouy sur Ourcq puis à Madagascar. Elle continua à rendre service comme supérieure à Mazargues en 1985 et à Forcalquier en 1992. Puis vint le temps du service humble dans la communauté de Paris, où elle apprit l’informatique à 80 ans pour transmettre l’histoire de notre Congrégation.
En 2012, elle rejoint Forcalquier, toujours dans le service de la communauté, le profond respect de la règle, une totale abnégation et l’intérêt pour la vie de la Congrégation. Par delà sa nervosité, conséquence de sa maîtrise sur elle-même, elle resta toujours attentive aux personnes qui la visitaient jusqu’à la veille de son départ. Elle s’endormit en priant Marie et en fermant elle-même ses yeux. Elle avait tout donné.
Nous prions pour elle, sûre que de la Maison du Père, elle va continuer à veiller sur sa chère Congrégation.