Elle a fait sa profession temporaire le 19 septembre 1953 et sa profession définitive le 7 septembre 1958 à Valence.
Sr Jean Gwénolé, Françoise de son prénom civil, est née le 10 avril 1930 dans une famille bretonne profondément chrétienne. Deuxième de sa famille, elle eut la peine de perdre son père à l’âge de 14 ans ce qui obligea sa maman à travailler pour élever ses enfants. Elle était très attachée à sa famille, notamment à ses frères Gwénolé, jésuite, et à Gildas, devenu diacre permanent en Bretagne ainsi qu’avec sa petite sœur Isabelle.
Après l’obtention de son Baccalauréat, Françoise entre au postulat en octobre 1950 à Paris et y devient de suite professeur à l’Institution La Bruyère. L’année suivante, elle part faire son noviciat à la Maison Mère à Valence dans la Drôme et revient aussitôt dans la communauté de Paris dès septembre 1952. Là, elle reprend l’enseignement tout en menant de front sa vie communautaire et ses études à la Sorbonne. En 195, elle obtient la Licence de Philosophie puis en 1960 celle de Lettres classiques.
L’Institution La Bruyère déménage dans le 14ème pour la rentrée scolaire de 1961 et Sœur
Jean Gwénolé participe activement au déménagement de l’établissement qui devint alors l’Institution
La Bruyère Sainte Isabelle. Elle continue d’y enseigner les lettres classiques jusqu’à son départ pour l’Institution Sainte Anne à Valence à la rentrée scolaire 1966. Elle y sera directrice adjointe.
Elle revient à l’Institution La Bruyère Ste Isabelle à Paris pour la rentrée scolaire de 1969 et dès 1970, elle en devient Directrice tout en continuant d’enseigner. Comme enseignante et directrice,
Sœur Jean Gwenolé a profondément marqué ses élèves et ses enseignants. Elle était libre, voire originale, et savait faire confiance et faire grandir en responsabilité. Toujours positive, elle savait faire dépasser les erreurs pour franchir l’étape suivante, elle savait relever ! D’une grande humanité et générosité elle savait aider en des domaines auxquels nul n’aurait pensé ; son audace en matière de main tendue, tout en discrétion, en a surpris plus d’un. Elle transmettait le charisme trinitaire en le vivant.
En 1976, elle devient Supérieure Régionale pour l’Irlande, l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne et le Nord de la France. Avec Sr Reine Marie, suite au Concile Vatican II, elle fut chargée de la rédaction finale des Constitutions. Musicienne, elle a mis son don au service de ses sœurs en passant dans toutes les communautés pour apprendre la psalmodie du nouvel Office liturgique suite au Concile.
En 1982, Sr Reine Marie est élue Supérieure Générale et Sr Jean Gwénolé, 1ère conseillère. Elle le restera pendant les deux mandats. C’est lors du premier que le Généralat de la Congrégation a déménagé pour janvier 1987 à Lyon, avec toute la réorganisation qui s’en est suivie. Là, elle aimait particulièrement transmettre l’histoire de la Congrégation aux novices et savait la rendre très vivante.
En octobre 1994, elle retourne à Paris comme Supérieure tout en reprenant une mission de Régionale. Anciens élèves ou parents, enseignants ou amis, tous ont été heureux de la retrouver et elle avait une réelle joie d’être à l’entrée des élèves pour accueillir chacun. En 2001, après un bref séjour à Lyon, elle est nommée supérieure de Cerfroid durant quatre ans avant de se rendre à Embrun.
En septembre 2006, elle se met au service de la communauté de Valence avant de rejoindre Lyon en 2008 pour un temps de repos bien mérité tout en continuant de rendre de multiples services. Tous ceux qui l’approchaient étaient frappés par son très beau sourire continuel, elle ne se plaignait jamais.
En septembre 2023, son état de santé lui fait rejoindre la Maison St Joseph à Annonay. Ses Sœurs retiennent d’elle sa délicatesse : à chaque fête des sœurs, elle ne manquait pas de la leur souhaiter et déposait devant leur chambre un bouquet et une carte faite main et cela pour chaque soeur de sa communauté accompagnée de sa prière. Les derniers jours, quand ses sœurs lui demandaient : « Qu’est-ce que vous voulez ma sœur ? » Elle répondait : « L’amour ! »
Chère sœur Jean Gwénolé, maintenant que vous avez rejoint la Maison du Père, nous vous confions votre famille, en particulier votre Sœur Isabelle, toute la congrégation si chère à votre cœur et tous les élèves et enseignants que vous avez aimés et servis avec tant de générosité.