Éditorial Mai 2012

Éloge de la différence

Le mois de mai s’achève. Il a été riche en événements divers et variés.

Après un mois à Madagascar qui m’a permis de me remplir de la vitalité et de la joie quasi naturelle des sœurs de la Région, je peux témoigner du beau travail qu’elles effectuent, entre autre dans notre nouvelle mission à Manakara. Une véritable œuvre de libération auprès de personnes démolies par l’usage de drogues tel que le chanvre. C’est toute une prévention, une éducation des jeunes, un accompagnement des familles qui est à mettre en place, en plus des soins à apporter aux malades en crises.

Dès mon retour, ce fut la rencontre du supérieur général de l’Ordre et de toutes les supérieures générales des instituts apostoliques mais aussi contemplatifs de notre famille trinitaire. C’est ce que nous appelons dans notre jargon : le COPEFAT : Comité Permanent de la Famille Trinitaire. Fait exceptionnel, c’est à Cerfroid que la rencontre a eu lieu. Occasion unique pour nous de partager notre charisme sur les lieux mêmes de la naissance de notre famille. Une découverte majeure pour certaines supérieures générales qui ont bien retrouvé le même esprit et qui ont ainsi décidé d’envoyer régulièrement à Cerfroid des jeunes religieuses en formation. C’est aussi l’occasion de vous annoncer la célébration, le 17 décembre 2012, de l’ouverture du 8° centenaire de la mort de notre père commun : Saint Jean de Matha.

Cette rencontre trinitaire a tout de suite était suivie à Lyon, d’un conseil élargi, c’est-à-dire de la réunion de toutes les supérieures régionales avec le Conseil général. Autrement dit, nous avons travaillé durant huit jours avec des sœurs venant des quatre coins du monde, sur toutes les réalités auxquelles nous sommes confrontées sur des terrains très variés. Autant vous dire que dans les couloirs, nous avons entendu parler et chanter en toutes langues : espagnol, anglais, malgache, coréen et un peu français de temps en temps ! Une bonne manière de nous préparer à la Pentecôte.

Parfois, nous sommes tentés de penser qu’il aurait mieux valu n’avoir qu’une seule langue dans le monde, mais c’est ce qui s’appelle une tentation. Certes, à priori, ce serait plus facile, comme de temps en temps il nous semblerait préférable d’avoir tous les mêmes idées. Mais c’est un mythe et il n’est pas nouveau…C’est la tour de Babel dont les hommes ont rêvé. Etre à l’égal de Dieu est une tentation, mais depuis la création, Dieu sépare, Dieu différencie, Dieu refuse le clonage. La recherche du même (même langue, même sexe, mêmes idées…) est sans doute rassurante mais elle est pauvre, source de confusion et stérile. Ce sont ceux qui ne sont pas comme nous et qui ne pensent pas comme nous qui nous enrichissent. Il n’est pas besoin de réfléchir bien longtemps pour imaginer ce que serait un monde sans différences, sans diversité, sans complémentarité. Que ferions nous de nos talents si nous avions tous les mêmes ?!!

Il ne nous reste donc plus qu’à oser la rencontre avec ceux qui ne nous ressemblent pas, d’apprendre le bon usage de la différence, sans oublier… l’apprentissage des langues !

Belle fête de la Trinité à tous et je l’espère : à bientôt à Saint Nizier !

Sœur Bénédicte-Marie